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Je me souviens, j’ai 6 ou 7 ans  et je suis dans ma chambre, j’ai dans mes mains le petit kodak APS piqué à mes parents. Pendant que les petites filles de mon âge jouent à la maîtresse, je fais alors de mon lit un studio photo. Je m’imagine déjà photographe…

Au fil des années, ce rêve disparaît progressivement pour laisser place à toute autre ambition ; devenir enseignante ou fleuriste ou même encore ergothérapeute, dont je pense être plutôt amoureuse du mot lui-même avant de connaître réellement cette belle profession.

C’est à l’été de mes 15 ans que je choisis d’investir l’argent gagné en effectuant quelques heures de ménage, dans un KODAK EASYSHARE, 3 millions de pixels, rien que ça, une vrai révolution… Je photographie un peu de tout, des gens, des objets, la faune, la flore, la lumière… 

 

L’école de Photo ? 

Plutôt bonne élève au collège, c’est naturellement que j’entre en seconde générale. Cependant, ça ne me plaît pas ! Un soir, avec toute l’assurance de mes 16 ans, j’annonce à mes parents que je souhaite arrêter le lycée pour intégrer une école de photographie. On aurait été dans un film, ils m’auraient encouragé à suivre cette vocation et, heureux, nous aurions fait un câlin de famille. Dans la vraie vie, ils m’ont répondu:

 “ Ma fille, passe ton bac d’abord” 

L’école de photo, ce ne sera finalement pas pour tout de suite…

 

Et pourquoi pas la psycho ? 

Moi, vaincue? Jamais! Mais comme je suis un peu rebelle tout de même, je décide de ne pas trop m’investir dans le travail. Juste le minimum pour ne pas être embêtée. Cette année là, il y a beaucoup de grève et ça me plait bien de défiler dans la rue et de crier ma révolte! En première, je découvre la philosophie et la littérature, c’est un véritable coup de cœur. Je décide tout bonnement de me remettre au travail et puisque mes amis envisagent d’aller à l’université, alors moi aussi. Une nouvelle ambition apparaît: je veux devenir psychologue dans le milieu carcéral ! 

Psychologue c’est décidé, dans quelques mois, je rentre à la fac !

Je suis désormais en terminale et même si j’ai choisi de devenir psychologue, la photographie ne m’a pas quittée. Je photographie toujours tout et surtout n’importe quoi, je retouche, je fais développer. J’ai toujours été sensible au tirage papier, aux vrais albums photos, ceux que l’ont touche, ceux que l’ont partage. 

Un peu avant les vacances de noël, la photographe qui développe mes photos, Marie-France Jeannin, me demande si je souhaite découvrir le magasin, tirer mes photos moi-même, découvrir le studio. Pourquoi pas ?

Je passe mes 15 jours de vacances de Noël à ses côtés, puis tous mes samedis, et toutes les vacances scolaires qui suivent. Je ne le sais pas encore cependant je ne quitterai plus jamais ce studio. Le 5 Juillet 2007, j’obtiens mon bac, le 7 mon permis, et le 8, Marie-France me propose de travailler avec elle et de suivre un apprentissage. Sans hésiter, je signe un contrat (j’aurais peut être dû jouer au loto cette semaine-là).

 

Au revoir la FAC. Bonjour l’école de photo !

Je rentre dans un premier temps au CIFA de Colmar et j’y reste pendant 2 ans. Puis, toujours aux cotés de Marie-France, je poursuis ma formation pendant 2 ans à Mercurey ( oui, oui à Mercurey il y a du très bon vin, mais surtout une très bonne école de photo ).  A l’issue de ses 4 belles et longues années, Marie-France prend sa retraite et pour la première fois, j’ouvre les grilles de mon studio au 1er Juillet 2011.

 

Passionnée de technique et boulimique d’image. 

Aussi longtemps que je me souvienne, la photographie a toujours fait partie de ma vie. Quand j’étais toute petite en jouant et quand je vieillissais en me passionnant pour l’argentique. Je me posais beaucoup de questions ! Comment la lumière pouvait-elle agir sur le négatif, c’est quoi l’ouverture, la profondeur de champ, les iso, le développement… Je me souviens encore de cette véritable passion qui me faisait faire des choses que les autres jeunes ne faisaient pas. A 16 ans, avec une amie et en train, nous réalisons un allé retour à Paris pour voir l’exposition de Robert Doisneau; ou encore analyser les pub de la TV que tout le monde zappe, de la conception à l’image obtenue par la lumière…A ce stade, la photographie apparaît comme un réel défi technique!

En 2015, je deviens maman pour la première fois, et s’il y avait autre chose que la technique ?

En 2015, je suis maman, et je comprends désormais tous les enjeux de la photographie. La lumière, le cadrage, évidemment, c’est important. Cependant, l’essence même de la photographie, n’est-ce pas l’émotion? La transmission, le partage, la conservation ? Mon petit garçon grandit et je lui montre des photos de lui, petit, de ses grands parents, de moi quand j’étais petite… et je découvre le plaisir en partageant toutes ces images avec lui et ressent les émotions que chaque photo me renvoie. En 2019, un second petit homme pointe le bout de son nez… A la maison, la maman photographe que je suis, immortalise tous les petits instants de vie. La bouille toute marmosée après les premiers petits pots, les sourires, les bêtises. Mais aussi la colère, la joie et toutes les émotions de la vie. Et c’est à ce moment que ma manière de travailler en mariage et en portrait évolue.

L’émotion avant tout !